Éolien offshore : l'impact sur l'avifaune

Éolien offshore : l'impact sur l'avifaune

Biotope Pays-de-la-Loire - 19/11/2015

Pendant deux ans, des scientifiques observent l'océan, entre Noirmoutier et l'ïle-d'Yeu. L'emplacement de ce futur parc éolien off shore accueille aujourd'hui des goélands et des fous de Bassan toute l'année, des pingouins et des guillemots en hiver ainsi que des océanites tempête ou mouettes pygmées à l'automne... Leurs analyses seront étudiées par l'état et la décision finale sera prise d'ici plus de deux ans.

« C'est une zone de passage avec une diversité intéressante. Globalement, c'est ce que l'on retrouve dans l'ensemble du golfe de Gascogne », résume Florian Lecorps, de Biotope Pays-de-la-Loire. Il coordonne les études environnementales avant l'installation d'un parc éolien off shore entre Noirmoutier et l'île d'Yeu. 62 machines de plus de 200 mètres de haut sont prévues sur environ 80 km2.

Depuis un an et demi, une dizaine d'observateurs sillonnent la zone en bateaux et en avion. « On peut voir aussi des chauves-souris, des tortues, des requins et des mammifères marins. Concernant les poissons, on travaille d'une autre manière. » L'étude fera le point sur les impacts sur l'avifaune : « Il faut analyser toutes les données, complète Florien Lecorps. Il y a des effets déjà connus, grâce aux parcs du Danemark ou du Royaume-Uni. » Les éoliennes influent sur le comportement des oiseaux : « Certains vont fuir, d'autres sont attirés ou passent à travers. » Mais aussi sur leur nourriture : « Toute la chaîne alimentaire est concernée. » Il y a des risques de collision avec les machines, également. « Cela inquiète souvent les gens mais ce n'est pas le plus fréquent », tempère l'ingénieur.

Les deux ans d'observations sont compris par « trente sorties sur parc, douze sur une zone élargie (2 000 m2) pour « dézoomer » et prendre du recul. Et enfin, dix jours en avion, à parcourir plus de 700 km », calcule Florian Lecorps. Coût : « 2,5 à 3 millions d'euros. » Pour un projet à deux milliards, au moins, porté par le consortium GDF-Suez.

Cette étude répond à une contrainte légale. « Le protocole a été validé par les services de l'État », appuie Lucile Forget, représentante du consortium. La société BRL ingénierie, de Nîmes, fait appel à divers sous-traitants, dont la Ligue pour la protection des oiseaux et d'autres acteurs environnementaux. « Nous devrons proposer des solutions pour limiter les conséquences sur le milieu. » La même démarche est effectuée à Dieppe, où GDF a également remporté l'appel d'offres.

D'ici le 5 janvier, le consortium doit, aussi, répondre au débat public de cet été. Et à côté, d'autres études sont menées : « Sur la topographie, les courants, la houle et le vent, ou encore les forages, indique Lucile Forget. De nombreux appareils techniques ont été posés. »

La décision finale est attendue en 2018, pour un début potentiel des travaux en 2019.

Pour lire l'article complet de Matthieu Marin paru dans Ouest France, cliquez ici : "Eolien en mer : l'impact sur les oiseaux à l'étude"

Ce projet a également fait l'objet d'un reportage sur France 3 Pays de la Loire.

Romain Batard (LPO) et Florian Lecorps (Biotope) en observation - Crédits : Ouest France