Tribune " La compensation écologique menace-t-elle la conservation de la nature ? "

Frédéric Melki s'est exprimé à propos de la compensation écologique et de la conservation de la nature dans le dernier numéro du Mag de la Lettre M. Président et co-fondateur de Biotope (240 salariés, CA de 16,2 M€, basé à Mèze), il est également président du bureau environnement et biodiversité de Syntec Ingénierie, fédération professionnelle de l'ingénierie.

La compensation écolofique menace-t-elle la conservation de la nature ?

La Lettre M, Le mag, Hors-série du 26/09/2017

La loi de protection de la nature de 1976 a introduit l'obligation de mener une étude d'impact sur l'environnement pour chaque projet d'aménagement. Cette étude évalue les conséquences du projet sur l'environnement et impose de proposer des mesures pour les éviter, les réduire ou les compenser. Les impacts possibles à éviter, ou la part d'impact restant après application des mesures d'ingénierie écologique, sont l'objet de la compensation écologique : il  s'agit de mener des actions d'amélioration des milieux naturels, lesquelles mesures devant conduire à éviter les pertes nettes de biodiversité.

Pourquoi, aujourd'hui, ce sujet rejaillit-il dans l'actualité, au point d'avoir fait l'objet en 2016 d'une commission d'enquête sénatoriale ? On peut aussi s'étonner du fait qu'un dispositif bénéficiant à l'environnement suscite autant de méfiance, voire d'hostilité, de la part d'un certain nombre d'organismes de protection de la nature. La pierre d'achoppement est la marchandisaqtion de la nature. Faut-il donner une valeur à la biodiversité et créer un marché où s'échangeraient les titres de biodiversité ? L'existence d'un marche ne risque-t-elle pas de désantuariser certaines espèces rares en établissant un prix pour leur destruction ? On peut comprendre ces craintes, mais la règlementation est protectrice : la compensation écologique n'intervient qu'à l'issue d'un processus d'autorisation visant à démontrer que le projet est acceptable d'un point de vue environnemental, indépendamment de toute mesure compensatoire. Un projet trop destructeur ne peut être approuvé par l'administration, et ce quel que soit le montant des mesures compensatoires. Créer un marché de la compensation écologique présente des avantages : protéger et gérer la nature devient une activité économique viable qui permet aux habitants des zones rurales de trouver un emploi fondé sur la préservation de la biodiversité. Une partie de la protection se trouve financée par les aménageurs en vertu du principe pollueur-payeur. La compensation écologique est donc une opportunité écologique et économique, mais qui nécessite une régulation forte de la part de l'Etat.

Couverture du Mag de la Lettre M, Septembre 2017 - Crédits : Lettre M

Tribune "Libérons les entrepreneurs de l'étau des seuils"

Avec ses 249 salariés, Frédéric Melki, à la tête de Biotope, voit les seuils sociaux comme un frein au développement de son entreprise, et donc à la création d'emplois en France.

Retrouvez cet article sur : www.chefdentreprise.com - ""Libérons les entrepreneurs de l'étau des seuils", Frédéric Melki, pdg de Biotope"

Avec 249 salariés, Frédéric Melki voit les seuils sociaux comme un frein au développement de son entreprise, et donc à la création d'emplois en France. Voici sa tribune, publiée dans Chef d'Entreprise Magazine, en mai 2016 :

Tous les acteurs économiques et politiques conviennent du fait que la France possède un tissu d'entreprises déséquilibré.

D'un côté des millions de TPE et PME, souvent fragiles et de l'autre environ 240 grands groupes qui sont des leaders mondiaux, notamment dans le BTP, l'énergie ou l'environnement.

Le secteur des entreprises de taille intermédiaire (ETI), comptant de 250 à moins de 5 000 salariés, est sous-représenté en France par rapport à nos voisins : 5 000 ETI en France contre 8 000 en Italie, 10 000 au Royaume-Uni et 12 000 en Allemagne. Or ces ETI jouent un rôle central dans l'économie. Elles sont plus exportatrices, plus productives et plus innovantes que les PME.

Compte-tenu de la gravité et de la chronicité du chômage en France et du constat partagé que l'augmentation du nombre d'ETI est l'une des solutions à ce problème, on s'attendrait à ce que les politiques publiques en direction des PME, convergent vers l'incitation à croître et à embaucher. Il n'en est malheureusement rien!

J'ai eu l'occasion de demander à deux ministres de l'économie, après qu'il aient fait un discours très offensif vantant les mérites des ETI, de me citer un seul avantage pour une entreprise lié au changement de statut entre PME et ETI. Bien évidemment ils n'ont pu me répondre pour la bonne raison qu'il n'en existe aucun! En fait passer ce fameux seuil de 250 salariés constitue une épreuve économique considérable pour l'entreprise. Les règles fiscales et l'ensemble des dispositifs publics se modifient profondément faisant de ce passage de seuil une véritable punition pour l'entrepreneur qui s'y risquerait.

Il serait trop long d'en détailler ici les conséquences mais je tiens à témoigner du résultat désastreux que constituent ce fonctionnement sur la psychologie de l'entrepreneur et donc sur sa volonté à franchir le pas. Près de 70% d'entre eux d'ailleurs jettent l'éponge à ce moment de leur carrière et revendent leur entreprise à un grand groupe. Je souscris volontiers à la notion de responsabilité sociale de l'entreprise et possède une certaine fierté à embaucher, créer de l'activité et contribuer à l'essor de mon pays. En revanche je suis choqué par cette incohérence entre discours (nous voulons plus d'ETI) et actes (je vous sanctionne dès que vous devenez ETI). Quand je gagne je veux être récompensé et non pas puni. Il est aujourd'hui urgent de desserrer cet étau des seuils fiscaux et sociaux qui démoralisent l'ensemble des entrepreneurs de France.

Lire l'article de Frédéric Melki "Libérons les entrepreneurs de l'étau des seuils" sur le site de ChefdEnetreprise.com

 

 

Tribune "Il faut revoir nos priorités sur le climat et la biodiversité"

La COP21 qui vient de se cloturer a abouti à un accord universel sur le climat, afin d'agir mondialement contre le réchauffement climatique. Cette conférence a également permis de réfléchir sur le climat, la biodiversité, l'avenir de la planète face à la dégradation humaine. Frédéric Melki, Président - Directeur Général de Biotope, est intervenu à deux reprises dans le cadre de rendez-vous d'experts et cycle de conférences lors des journées "Biodiversité" et "Afrique" (7 et 9 décembre).

Retrouvez sur le Huffintonpost.fr la tribune de Frédéric Melki, Président - Directeur Général de Biotope, rédigée le 9 décembre dernier, à l'occasion de la COP 21 :

Il faut revoir nos priorités sur le climat et la biodiversité

HUFFINGTONPOST.FR | 09.12.2015 (par Frédéric Melki)

Au moment où se déroule la COP21 à Paris, et où les changements climatiques occupent une part significative de l'espace médiatique, il me paraît essentiel de poser les bonnes questions quant au devenir de notre planète.

Tout d'abord, je me réjouis de voir qu'enfin, la majorité des Hommes semble avoir pris conscience de notre impact sur la nature et du fait que celui-ci pouvait conduire à notre perte. L'illusion d'une espèce humaine conquérante et capable d'asservir définitivement la nature a fait long feu et c'est une excellente chose.

Néanmoins j'observe que l'essentiel des moyens financiers et de l'éclairage médiatique s'est progressivement focalisé sur le climat, reléguant au deuxième plan les autres questions environnementales comme la biodiversité, l'artificialisation des sols ou les pollutions autres que celles des gaz à effet de serre.

Climatologues et énergéticiens ont progressivement fait admettre au monde que son avenir se résumait à la température moyenne de la terre à la fin de notre siècle. Le thème unique de réflexion est progressivement devenu l'énergie, et en particulier le ratio énergies fossiles/énergies renouvelables. On pose ainsi l'équation incroyablement simplifiée que l'on sauvera l'humanité si l'on émet significativement moins de gaz à effet de serre.

Or, dans cette approche, il me semble que l'on confond un peu causes et conséquences et que l'on cherche à agir directement sur le climat de la terre au lieu d'agir sur les causes de la dégradation de "l'écosystème terre". Soyons clairs, le climat de la terre a toujours beaucoup varié, y compris dans les périodes historiques : de chaud au moyen âge il devient plus froid au 18° siècle entraînant de mauvaises récoltes et figurant parmi les causes de la révolution française. Les variations climatiques sont multi-causales et permanentes dans l'histoire de la terre.

En revanche, à l'époque actuelle, le changement majeur face à ces variations du climat, est la dégradation massive de la terre du fait de l'Homme. L'immense population humaine a transformé la terre à une vitesse ahurissante : urbanisation incessante ; infrastructures de transport ; pollutions de l'air, des sols, des eaux douces et de la mer ; destruction de la biodiversité et déforestation massive.

Les écosystèmes terrestres en bonne santé sont très résilients, ils ralentissent et atténuent les modifications. A titre d'exemple, s'il y a plus de CO2 dans l'air, les plantes poussent plus vite et absorbent ce CO2. Mais, si l'on coupe ou brûle les forêts partout sur terre, si l'on bétonne les prairies ou si l'on pollue la mer, cette régulation ne fonctionne plus. C'est ce qui nous arrive actuellement. La terre est trop abîmée pour absorber nos excès et le climat s'emballe.

Les conséquences de cette situation sont potentiellement très graves et dangereuses. Croyant pouvoir agir directement sur le climat, on s'efforce de mettre en place dans l'urgence des mesures d'adaptation centrées sur l'énergie et sur la réduction rapide des émissions de CO2. Il s'agit donc de remplacer au plus vite les énergies fossiles par des énergies renouvelables. Si cela va bien évidemment dans le bon sens, il faut bien s'interroger sur l'impact de ces énergies de substitution sur l'écosystème terre.

Je ne prendrais qu'un seul exemple, celui des grands barrages. Le désamour pour les centrales thermiques au fioul ou au charbon conduit à une éclosion de multiples projets de grands barrages, que ce soit en Afrique, en Amérique du sud ou en Asie. Or, les impacts environnementaux globaux d'un grand barrage sont très élevés, en particulier dans les régions forestières tropicales ou équatoriales.

La création d'un lac de retenue, parfois de plusieurs centaines de milliers d'hectares noie une part équivalente de végétation naturelle, supprimant de ce fait l'effet régulateur qu'avait cette végétation sur le climat. Les plantes noyées pourrissent lentement entraînant une prolifération bactérienne qui consomme l'oxygène de l'eau et rend la masse d'eau impropre à la vie. Des fermentations anaérobies prennent alors le pas et produisent des gaz toxiques ou à fort effet de serre comme l'hydrogène sulfuré et le méthane. La vie dans le fleuve entier en est perturbée, les poissons migrateurs disparaissent et les populations vivant de la pêche souffrent. Encore plus grave est la captation des sédiments dans le réservoir. Le sable et l'argile venus des montagnes et qui, dans un système naturel, descendent progressivement jusqu'à la côte construisant et renforçant le littoral, restent prisonniers des barrages. Malheureusement, la majorité de ces impacts sont irréversibles. Qui sait en France que 90% des sédiments du Rhône n'arrivent plus à la mer ?

Alors que faire ? Comment assurer l'avenir de la planète et conséquemment celui de l'humanité ? Il ne faut plus mettre l'essentiel de nos moyens sur le climat et ses coûteux modèles statistiques mais augmenter ceux alloués à la protection et à la restauration de la Nature : protéger la biodiversité, supprimer les ouvrages hydrauliques inutiles et que retiennent les sédiments, restaurer les systèmes dégradés et compenser écologiquement les infrastructures nouvelles.

Il convient de faire bénéficier la terre entière des progrès effectués par l'ingénierie environnementale et d'aider la recherche dans ce domaine. Il faut bien entendu économiser l'énergie et promouvoir les mutations énergétiques mais dans une transition douce et en se gardant de tout esprit binaire. Toutefois, ne faire que cela constituerait un leurre : augmentons d'urgence la résilience de la planète, car c'est bien elle qui nous protègera à long terme des effets désastreux de notre impact sur la nature.

Lire l'article de Frédéric Melki "Il faut revoir nos priorités sur le climat et la biodiversité" sur le site du Huffingtonpost.fr

Tribune "Discours lors de la signature de la charte d'engagement des BE"

Lors de la cérémonie de signature de la Charte d’engagement des bureaux d’études pour l’évaluation d’environnementale le 15 juin dernier au Ministère de l'Écologie et du Développement Durable, Frérédic Melki (PDG de Biotope et Président de la commission environnement et biodiversité de Syntec ingénierie) a fait un discours dont en voici l'intégralité :

"Au nom de Syntec ingénierie et de toutes nos entreprises adhérentes, je tiens à me féliciter de la signature de cette charte d’engagement des bureaux d’études.

Tout d’abord je salue la méthode d’élaboration concertée, sous la conduite éclairée du CGDD, qui a permis à tous les acteurs concernés par le sujet, et en premier lieu aux praticiens eux-mêmes des évaluations environnementales que sont les sociétés d’ingénierie environnementale, de participer  activement à l’élaboration de ce document.

En effet, nous avons trop souvent par le passé été confrontés à des textes discutés dans des cénacles dont nous étions absents, des textes d’applicabilité difficiles car privés du regard de praticiens des ingénieristes de l’environnement.

L’ingénierie environnementale est aujourd’hui un acteur clé de la mise en œuvre effective et concrète de la réglementation environnementale. Indépendante, elle entretient des rapports constructifs avec tous les autres acteurs : Etat, collectivités, entreprises, scientifiques ou encore associations de défense de l’environnement.

Le message de l’ingénierie est celui de l’objectivation des questions environnementales, le message de l’équilibre entre économie et écologie.

Nous adhérons pleinement à cette charte d’engagement dont les différents points sont déjà, et depuis longtemps, largement mis en œuvre par nos adhérents.

Une des premières avancées importantes de ce texte est de définir un « bureau d’études » comme étant « toute entité, quel que soit son statut juridique, réalisant entièrement ou partiellement des évaluations environnementales ». De ce fait, les entreprises d’ingénierie environnementales, si elles sont incontestablement des bureaux d’études, sont rejointes dans cette activité par de nombreux acteurs tels que des associations, des ONG, des universités, des établissements publics ou des agences de statuts divers. Aujourd’hui, la charte dit qu’une même règle doit s’appliquer à tous ces acteurs, et ce dans l’intérêt de la prise en compte de l’environnement.

Découlant du point précédent, et plus importantes encore, sont les questions du conflit d’intérêt celle de l’obligation de choix entre militantisme et participation rémunérée aux évaluations environnementales.

Il s’agit encore, malheureusement, de pratiques encore aujourd’hui, assez répandues de la part de  certains acteurs ayant à la fois une activité militante et une activité de bureau d’études. Nous espérons que la diffusion de cette charte y mettra rapidement fin, dans l’intérêt des évaluations environnementales, mais aussi dans l’intérêt du militantisme.

Cette charte est également un outil permettant de clarifier le rôle de chacun dans l’évaluation environnementale : le bureau d’études s’astreint à un devoir de conseil tout au long de sa mission pour éclairer la prise de décision… mais celle-ci relèvera toujours du seul maître d’ouvrage. La qualité environnementale d’un projet réside ainsi souvent dans le dialogue qu’auront su instaurer le maître d’ouvrage et son bureau d’études entre eux puis avec l’ensemble des acteurs impliqués.

Reste maintenant à tous les maîtres d’ouvrages, publics comme privés, à promouvoir cette charte… et à ne contracter qu’avec des organismes signataires !

Il est peut-être maintenant permis de rêver à une future charte d’engagement des maîtres d’ouvrage…!

Encore une fois, merci au CGDD pour sa méthode d’élaboration et pour avoir mené la démarche jusqu’à son accomplissement."

Pour plus d'informations, consultez l'actualité liée à cet évènement sur le site de Biotope ici.

Opinion piece «Resisting urban sprawl is a priority of environmental politics »

Biotope works every day in the field to limit damage to our environment, but it is also a fight that can be won on the ideological front. Follow the latest opinion piece in Le Monde by Frédéric Melki, director general at Biotope.

 “Resisting urban sprawl is a priority of environmental politics”

LE MONDE ECONOMIE | 10.12.2012 at 10.21 • Mis à jour le 10.12.2012 à 17h02

By Frédéric Melki, Biotope

The debate on the transition to renewable energy and its impact on environmental policy have the positive effect of putting the environment back into the public arena, but risks hardening an already fragile opinion due to current economic uncertainties.

In fact, the increasingly prevalent conviction is that “the environment is expensive”, that it penalizes the economy and that during a crisis, and priorities should be elsewhere. This has sadly been characterized by the now infamous "l'écologie ça suffit!" (enough about the environment!) from Nicolas Sarkozy in 2010.

This approach has undoubtedly galvanized action and produced tangible results that would be dishonest to deny. Nevertheless, in world deep in crisis, and in an effort to provide a boost that transcends political affiliation, it would be reasonable for the discourse underway to emphasize those measures offering the triple advantage of not increasing the tax burden, reducing public expenditures, and increasing people’s purchasing power.

It is true that many supporters of environmentalism, whether political parties or non-governmental organizations, have leaned heavily in favour of greater regulatory controls and heavier taxes as the main levers for action.

The primary objective of all responsible political environmentalism ought to be focused on limiting the loss of natural areas or agricultural land and fighting urban sprawl.

Read the article by Frédéric Melki "Resisting urban sprawl is a priority of environmental politics" on the site of Monde.fr

Opinion piece “Ecology is an opportunity for development”

In France today, there is relative consensus on the urgency for the need to implement public policy that is more respectful of the environment. The time is now for getting beyond taxation or austerity, both incompatible with a Europe struggling to maintain its standard of living and even more so with the developing world.

Go to Le Cercle at Lesechos.fr, for the opinion piece by Frederick Melki, President and Director General of Biotope.

L’écologie est une opportunité de développement plutôt qu’une contrainte économique

LE CERCLE LES ECHOS.FR | 28.02.2012 (par Frédéric Melki)

Awareness of the finite nature and fragility of our planet is largely understood and is a concept that transcends political divides. Nevertheless, in some circles, environmentalists emphasize the primordial role of taxation in the role of government in affecting long-term behavioural change.

With current public anxiety dominated by concerns for the future, the obsession with “taxation”, largely symbolized by the carbon tax, public support is waning and fragmenting the political unanimity which followed the euphoria of the Grenelle de l'environnement. This evolution is dangerous and may lead to a massive rejection of environmental concerns, a situation which puts the entirety of human society at risk. The time is now for getting beyond taxation or austerity, both incompatible with a Europe struggling to maintain its standard of living and even more so with the developing world. The selection of proposals below are primarily intended to generate debate and make their way as actionable items in the public debate forums for 2012.

Support the green economy

Like the business I manage with 240 employees and an annual growth rate of 30% over the past ten years, the green economy is a reality in our country. Fertile ground for small and medium-sized innovative companies, easily exportable, this economy is a sector with a future for France. These businesses with significant value-added, deserve support from the public sector to assist them in rivalling their European rivals. Foreign businesses, much larger than ours, win the majority of tenders as no French business has the references needed (1). Better support for this sector from the State would quickly allow these businesses to export their talent; such is the originality and appreciation of French ecological consulting. 

Re-establish training in biodiversity

Going on 20 years now, our universities no longer train botanists, entomologists, or ornithologists. France, previously at the forefront of natural history, is gradually disappearing from the international stage, at a time when the study and the conservation of biodiversity are globally at stake and an economic opportunity. Due to a lack of trained naturalists, our businesses are forced to refuse work or delay projects. We can, nevertheless, congratulate ourselves on the LRU reform (university autonomy law), which allows universities to be autonomous in their selection of educational programs. It remains up to the universities to seize the employment opportunities available in our sector.

Valuing ecosystem services

Humans have always made use of natural resources: food, water, heat, construction materials… Currently, research is underway to quantify economically the services provided by the ecosystem. Wetlands, not at all insalubrious, provide three quantifiable economic services: flood protection, water filtration, and regulation of flow between wet and dry periods. Their destruction results in considerable expense to compensate for their functional role: dykes, waste water treatment plants, water treatment plants… It is much more economically rational to preserve these habitats. This integrated land-use approach allows for the strategic preservation of biodiversity while reducing the development costs from the public or private sector.

This way, a different approach to the integration of ecological imperatives into the public policy arena is possible. Getting rid of taxation as the main lever of public action is needed to maintain support from the public for enacting voluntary environmental policies. Deriving economic growth from nature conservation is a key issue for tomorrow.

(1) A European request for tender related to the implementation of conservation policies in Croatia required three references of over 700 000 euros which no French consultants could provide. An British/Danish consortium won the bid.

Read the article by Frédéric Melki "L’écologie est une opportunité de développement plutôt qu’une contrainte économique" on the site of Les Echos.fr

 

Tribuna "La ecología es una oportunidad para el desarrollo"

Existe hoy en día en Francia un consenso relativo para admitir la urgencia de la puesta en marcha de políticas públicas más respetuosas con el medio ambiente. Es tiempo de imaginar otras medidas de acción que la fiscalidad creciente o el decrecimiento, las cuales son incompatibles con una Europa que lucha por preservar su nivel de vida y es todavía aún más incompatible con el resto del mundo, principalmente en los  países en vías de desarrollo.

Encuentren en “Le Cercle Les Echos.fr” el artículo de Frédéric Melki, Presidente y Director General de Biotope:

La ecología es una oportunidad para el desarrollo más que un inconveniente económico (versión en francés)

LE CERCLE LES ECHOS.FR | 28.02.2012 (artículo de Frédéric Melki)

Ser conscientes de los límites y de la fragilidad de nuestro planeta es, hoy en día, un concepto ampliamente extendido en la población, el cual transciende las divisiones políticas. No obstante, ciertos círculos ecologistas hacen hincapié en la primacía de la fiscalidad dentro de los medios ofrecidos al poder político para así impactar duraderamente en los comportamientos.

En un contexto social dominado por las inquietudes del futuro, esta “obsesión” fiscal, ampliamente simbolizada por el sistema del impuesto sobre el carbono (CO2), ha comenzado a cansar la opinión pública y a fisurar la unidad política observada con la euforia del  “Grenelle” del medio ambiente. Esta evolución es peligrosa y puede llevar a la desestimación masiva de las cuestiones medioambientales, las cuales serían perjudiciales para el conjunto de nuestras sociedades. Es tiempo de imaginar otras medidas de acción que la fiscalidad creciente o el decrecimiento, las cuales son incompatibles con una Europa que lucha por preservar su nivel de vida y es todavía aún más incompatible con el resto del mundo, principalmente en los  países en vías de desarrollo. Los ejemplos mostrados a continuación son pistas de reflexión que hay que transferir a las futuras proposiciones incluidas en los debates públicos que nos esperan en el 2012.

Favorecer la economía verde
Al igual que la empresa que dirijo con 240 empleados y con crecimientos anuales superiores al 30% desde hace 10 años, la economía verde es una realidad en nuestro país. Es un terreno fértil para las Pequeñas y Medianas Empresas (PME) innovadoras, fácilmente exportable, este tipo de economía es un sector de futuro para la Francia. Dichas empresas, con un fuerte valor añadido, merecen la implicación activa de los poderes públicos para ayudarles a rivalizar con la concurrencia europea. Las sociedades extranjeras son más grandes que las nuestras y canibalizan las convocatorias europeas para los cuales ninguna empresa francesa dispone de las referencias suficientes (1). Un acompañamiento del Estado más constante dentro del sector permitiría proporcionar rápidamente a estas empresas los medios para la exportación, teniendo en cuenta que los conocimientos franceses en ecología son originales y muy apreciados.

Restablecer las enseñanzas de la biodiversidad
Desde hace más de 20 años, nuestras universidades no forman más botanistas, entomólogos ni ornitólogos. La Francia, que era una de las primeras naciones en investigar la ciencia de la naturaleza, desaparece progresivamente de la esfera internacional, justo en el momento en que el estudio y la conservación de la biodiversidad pasan a ser un desafío planetario y una oportunidad económica única. Por falta de naturalistas bien formados, nuestras empresas se ven obligadas a rechazar o prorrogar proyectos ya obtenidos. En contra partida, podemos aplaudir la reforma de la ley relativa a las Libertades y Responsabilidades de las Universidades (LRU) permitiendo a las universidades una autonomía en la elección de sus cursos. Por consiguiente, está en sus manos la oportunidad de crear empleos que representen nuestra filial.

Contabilizar los beneficios obtenidos gracias a los ecosistemas
Desde siempre el ser humano ha utilizado los recursos naturales: comida, agua, calefacción, materiales de construcción…Las investigaciones actuales cuantifican los beneficios obtenidos gracias a los ecosistemas dentro del marco económico. Las zonas pantanosas, sin tener en cuenta la reputación de insalubridad, ofrecen 3 servicios económicos que se pueden cuantificar: protección contra las crecidas, depuración del agua y regulación de los recursos entre los periodos de sequía y lluvia. Su destrucción implica gastos considerables para compensar la función que desempeñan: diques, plantas de depuración, depuradoras de aguas residuales…Es por tanto económicamente más eficaz la preservación de dichos medios. Este enfoque integrado permite preservar eficazmente la biodiversidad al mismo tiempo que disminuye los costes de las obras públicas o privadas.

De esta manera podemos decir que existe una forma diferente de conservación de cualquier tipo de interés ecológico dentro de la política pública. Evitar las tasas, principal incentivo de acción pública, es una necesidad para mantener un mayor apoyo de los ciudadanos en la puesta en marcha de políticas voluntarias medioambientales.

La búsqueda del crecimiento económico mediante la conservación de la naturaleza es un reto esencial para el día de mañana.

(1) Convocatoria europea relativa a la puesta en marcha de políticas de conservación en Croacia imponía 3 referencias de proyectos ya realizados superiores a 700 000 euros, de las cuales ninguna empresa francesa disponía. El consorcio entre dos empresas (inglesa y danesa) consiguió obtener la oferta.

Leer el artículo de Frédéric Melki "La ecología es una oportunidad para el desarrollo más que un inconveniente económico” en el sitio web de Les Echos.fr (versión en francés).

Tribuna "Luchar contra la dispersión urbana, prioridad de una política ecológica"

Biotope realiza todos los días trabajos de campo para limitar la degradación de la naturaleza pero también es una batalla que se gana en la esfera de las mentalidades. Descubra, en el periódico “Le Monde”, el último artículo de opinión de Frédéric Melki, director general de Biotope:

« Luchar contra la dispersión urbana, prioridad de una política ecológica » (versión en francés)

EL MUNDO Económico | 10/12/2012 a las 10:21 horas • Actualizado el 10/12/2012 a las 17:02 horas

Escrito por Frédéric Melki, Biotope.

El debate actual sobre el cambio energético y las deliberaciones sobre la fiscalidad ecológica tienen la virtud de poner de nuevo la ecología en el eje central del debate público pero con el riesgo de crispar la opinión debilitada por las incertidumbres económicas del momento.

En consecuencia, la convicción cada vez más compartida que "la ecología cuesta cara", que penaliza la economía y que, en período de crisis, las prioridades son otras, desgraciadamente ha progresado desde el famoso “¡Ya basta con la ecología!” de Nicolás Sarkozy en el 2010.

Es cierto que numerosos promotores de la ecología, ya sea de partidos políticos o de organismos no gubernamentales, han recalcado el aumento del arsenal reglamentario y su peso en la fiscalidad como las principales medidas de acción realizadas.

Este enfoque ha hecho, en efecto, cambiar las cosas y ha producido resultados tangibles que sería incorrecto denigrar. No obstante, en un mundo marcado profundamente por la crisis y con el fin de encontrar un impulso positivo que transcienda los partidos políticos, convendría que las deliberaciones y los debates  en curso pongan hincapié en las medidas tomadas a cabo, las cuales sean la representación de una triple ventaja para no agravar la fiscalidad, disminuir los costes públicos y mejorar el poder adquisitivo de los ciudadanos.

El objetivo prioritario de toda política ecológica responsable debería ser: limitar el consumo del espacio natural o agrícola luchando contra la expansión urbana.

Leer el resto del artículo de Frédéric Melki "Luchar contra la dispersión urbana, prioridad de una política ecológica" en el sitio web del Monde.fr.

Tribune "L’écologie est une opportunité de développement"

Il existe aujourd’hui en France un relatif consensus pour admettre l’urgence de la mise en œuvre de politiques publiques plus respectueuses de l’environnement. Il est temps d’imaginer d’autres leviers d’action que la fiscalité accrue ou la décroissance, incompatibles avec une Europe qui lutte pour préserver son niveau de vie et encore plus incompatibles avec le reste du monde en voie de développement.

Retrouvez dans Le Cercle Les Echos.fr la tribune de Frédéric Melki, Président - Directeur Général de Biotope :

L’écologie est une opportunité de développement plutôt qu’une contrainte économique

LE CERCLE LES ECHOS.FR | 28.02.2012 (par Frédéric Melki)

La conscience de la finitude et de la fragilité de la planète est aujourd’hui largement répandue dans la population et transcende les clivages politiques. Toutefois, certains cercles écologistes mettent l’accent sur la primauté de la fiscalité dans les moyens offerts à la puissance publique pour impacter durablement les comportements.

Dans un contexte social dominé par les inquiétudes pour l’avenir, cette « obsession » fiscale, largement symbolisée par le projet de taxe carbone, a commencé à lasser l’opinion et a fissuré l’unanimisme politique affiché dans l’euphorie du Grenelle de l’environnement. Cette évolution est dangereuse, et peut conduire à terme à un rejet massif des questions environnementales, lequel serait préjudiciable à l’ensemble de nos sociétés humaines. Il est temps d’imaginer d’autres leviers d’action que la fiscalité accrue ou la décroissance, incompatibles avec une Europe qui lutte pour préserver son niveau de vie et encore plus incompatibles avec le reste du monde en voie de développement. Les quelques exemples qui suivent sont autant de pistes de réflexion à traduire en propositions d’actions dans les débats publics qui nous attendent en 2012.

Favoriser l’économie verte
A l’image de l’entreprise que je dirige qui emploie 240 personnes et connaît des croissances annuelles supérieures à 30 % depuis 10 ans, l’économie verte est une réalité dans notre pays. Terreau fertile pour des PME innovantes, facilement exportable, cette économie est un secteur d’avenir pour la France. Ces entreprises à forte valeur ajoutée méritent l’implication active des pouvoirs publics pour les aider à rivaliser avec la concurrence européenne. Les sociétés étrangères, bien plus grandes que les nôtres, cannibalisent les appels d’offre européens pour lesquels aucune entreprise française n’a les références suffisantes(1) . Un accompagnement plus soutenu de la filière par l’Etat permettrait de projeter rapidement ces entreprises à l’exportation, tant le savoir-faire français en écologie est original et apprécié.

Rétablir les formations en biodiversité
Depuis plus de 20 ans nos universités ne forment plus de botanistes, d’entomologistes ou d’ornithologues. La France, qui était une des premières nations de l’Histoire Naturelle, disparaît progressivement du paysage international, au moment même où l’étude et la conservation de la biodiversité deviennent un enjeu planétaire et une opportunité économique. Par manque de naturalistes formés, nos entreprises doivent refuser ou reporter des missions. On peut cependant se féliciter de la réforme LRU, qui permet aux universités d’être autonomes dans leurs choix de formations. Reste à celles-ci de saisir l’opportunité d’emplois que représente notre filière.

Comptabiliser les services rendus par les écosystèmes
L’Homme utilise depuis toujours les ressources de la nature : nourriture, eau, chauffage, matériaux de construction… Des recherches actuelles visent à quantifier sur le plan économique les services rendus par les écosystèmes. Les zones marécageuses, loin de leur réputation d’insalubrité, rendent 3 services économiquement quantifiables : protection contre les crues, épuration de l’eau, régulation de la ressource entre les périodes sèches et pluvieuses. Leur destruction implique des dépenses considérables pour compenser leur rôle fonctionnel : digues, stations d’épuration, usines de traitement d’eau… Il est alors bien plus performant économiquement de préserver ces milieux. Cette démarche intégrée permet de préserver efficacement la biodiversité tout en diminuant le coût des aménagements publics ou privés.

Ainsi une approche différente de la transposition des enjeux écologiques dans les politiques publiques est possible. Sortir de la taxation comme principal levier d’action publique est une nécessité pour maintenir la large adhésion des citoyens à la mise en œuvre de politiques environnementales volontaires. Aller chercher de la croissance dans la conservation de la nature est un des enjeux essentiels de demain.

(1) Un  appel d’offre européen relatif à la mise en place de politiques de conservation en Croatie imposait 3 références supérieures à 700 000 euros ce qu’aucune entreprise française ne possède. Un consortium anglo/danois a remporté l’offre.

Lire l'article de Frédéric Melki "L’écologie est une opportunité de développement plutôt qu’une contrainte économique" sur le site du Les Echos.fr

Tribune "Lutter contre l'étalement urbain, priorité d'une politique écologique"

Biotope travaille tous les jours sur le terrain à limiter les dégradations sur la nature, mais c'est aussi un combat qui se gagne sur le plan des idées. Retrouvez dans le journal Le Monde le dernier article d’opinion de Frédéric Melki, directeur général de Biotope :

« Lutter contre l'étalement urbain, priorité d'une politique écologique »

LE MONDE ECONOMIE | 10.12.2012 à 10h21 • Mis à jour le 10.12.2012 à 17h02

Par Frédéric Melki, Biotope

L'actuel débat sur la transition énergétique et les réflexions en cours sur la fiscalité écologique ont la vertu de replacer l'écologie au coeur du débat public, mais risquent de crisper une opinion fragilisée par les incertitudes économiques du moment.

En effet, la conviction, de plus en plus partagée, que "l'écologie coûte cher", qu'elle pénalise l'économie et, qu'en période de crise, les priorités sont ailleurs, a malheureusement progressé depuis le fameux "l'écologie ça suffit !" de Nicolas Sarkozy en 2010.

Il est vrai que nombre de promoteurs de l'écologie, qu'il s'agisse de partis politiques ou d'organisations non gouvernementales, ont mis l'accent sur le renforcement de l'arsenal réglementaire et sur l'alourdissement de la fiscalité comme principaux leviers d'action.

Cette approche a certes réellement fait bouger les lignes et a produit des résultats tangibles qu'il serait malhonnête de dénigrer. Toutefois, dans un monde profondément en crise, et afin de retrouver un élan positif qui transcende les partis politiques, il conviendrait que les réflexions et les débats en cours mettent l'accent sur des mesures qui présenteraient le triple avantage de ne pas alourdir la fiscalité, de diminuer les dépenses publiques et d'améliorer le pouvoir d'achat des citoyens.

L'objectif prioritaire de toute politique écologique responsable devrait être de limiter la consommation de l'espace naturel ou agricole en luttant contre l'étalement urbain. 

 

Lire la suite de l'article de Frédéric Melki "Lutter contre l'étalement urbain, priorité d'une politique écologique" sur le site du Monde.fr

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