Biotope repense les compensations environnementales

10/11/2020

Interviewés par la lettre M, Frédéric Melki, Président de Biotope, et Anne-Lise Melki, Directrice Générale, répondent dans une interview pour la lettre M sur le sujet de la compensation par la demande versus la compensation par l’offre.

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Le groupe héraultais Biotope (236 salariés, siège à Mèze, CA : 23 M€), dont le cœur de métier est l’ingénierie écologique, va déposer une marque d’ici la fin de l’année pour révolutionner le système des compensations environnementales en Occitanie et en France.

« Cela pourrait être une filiale nationale avec des marques régionales pour être au plus du terrain », annonce à La Lettre M Frédéric Melki. Depuis plusieurs mois, le PDG-fondateur et sa femme Anne-Lise, directrice générale, multiplient les rencontres avec le ministère de la Transition écologique, la Dreal… « Nous sommes associés à des groupes de travail auxquels participent d’autres bureaux d’études et des ONG », confie Anne-Lise Melki.

Actuellement, la compensation se fait à la demande, c’est-à-dire au cas par cas : un hectare par ci géré par une ONG, un hectare par-là géré par un autre un exploitant privé, que les investisseurs ayant une dette écologique doivent trouver concomitamment à la mise en œuvre de leur projet (zone d’activités, camping…). Ce que veut faire Biotope, c’est importer le modèle de la compensation par l’offre. Concrètement, le bureau d’études sanctuarise un vaste terrain pour le dédier aux compensations à venir. « En matière d’aménagement de territoire, nous avons une visibilité sur 15-20 ans », commente le dirigeant, précisant que la prise de risque est partagée avec des investisseurs privés et publics.

En attendant que les aménageurs ayant une dette écologique frappent à sa porte, Biotope, en tant que chef d’orchestre, valorise le site naturel de compensation à travers une société de projet. Parmi ses actionnaires : le propriétaire, la société d’ingénierie écologique qui réalise les études initiales pour obtenir l’agrément et d’autres acteurs, appâtés par le retour sur investissement à long terme. Ce modèle fonctionne également avec une collectivité qui resterait propriétaire du terrain qu’elle consacrerait à la compensation de ses propres projets d’aménagement.

Selon Biotope, les avantages sont nombreux. Pour la biodiversité : le terrain est valorisé avant que les destructions aient lieu. Pour l’aménageur : le gain de temps concernant l’instruction est estimé entre six mois et un an. Enfin, l’administration supervise un seul site de compensation, de plusieurs dizaines d’hectares, et non plus vingt confettis d’un hectare chacun, gérés par des porteurs de projets différents.

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